Le contexte
Le projet de loi d’urgence agricole, examiné à l’Assemblée nationale jusqu’au 29 mai 2026, se présente comme une réponse à la colère d’une partie du monde agricole : mobilisation de l’hiver contre le traité de libre-échange du Mercosur (entré en vigueur le 1er mai 2026) et gestion de la dermatose bovine.
Composé de 23 articles, le texte rogne sur des protections environnementales — captages d’eau, zones humides, encadrement de la construction de nouveaux bâtiments d’élevage.
Les faits
Sur ce seul texte, le RN a déposé 6 amendements des Jeunes agriculteurs et 22 de la FNSEA, sur 310 amendements d’origine syndicale au total. En novembre 2025, seul 15 amendements RN co-rédigés avec la FNSEA sur l’ensemble des textes déposés depuis les législatives de 2024 était recensé.
Parmi les amendements déposés par le RN : autoriser des pesticides par défaut, faciliter l’extension des mégabassines, affaiblir la protection des loups.
- Hélène Laporte a repris 9 amendements rédigés par la FNSEA sans en indiquer l’origine, alors que le déontologue de l’Assemblée nationale recommande d’« indiquer clairement la source » des propositions issues d’échanges avec un représentant d’intérêts.
- Stéphane Rambaud a déposé un amendement rédigé par Valhor, l’interprofession horticole, prévoyant qu’au-delà d’un délai de 42 jours l’Anses soit contrainte d’autoriser un pesticide sauf à prouver son danger — « un renversement complet de la logique de précaution », selon le fondateur d’Ecolobby Jordan Allouche. Sept amendements fournis par Valhor ont été déposés par des députés RN (5 jugés irrecevables, 2 rejetés).
D’autres textes ont été fournis aux parlementaires RN par Moët Hennessy (LVMH) et par la Fédération du commerce et de la distribution, présidée par le PDG de Carrefour Alexandre Bompard.
La FNSEA a dépensé près de 900 000 euros en 2025 pour ses actions de lobbying.