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Le RN critiqué pour son abstention sur la nationalisation d’ArcelorMittal

Alors qu'il défend régulièrement la souveraineté industrielle et la protection de l'emploi, le Rassemblement national s'est abstenu lors du vote d'une proposition de loi visant à nationaliser les activités françaises d'ArcelorMittal, suscitant des accusations d'incohérence de la part de ses opposants.

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·Le Parisien ↗
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Le RN critiqué pour son abstention sur la nationalisation d’ArcelorMittal

·Marine Le Pen, Jean-Philippe Tanguy

Alors qu'il défend régulièrement la souveraineté industrielle et la protection de l'emploi, le Rassemblement national s'est abstenu lors du vote d'une proposition de loi visant à nationaliser les activités françaises d'ArcelorMittal, suscitant des accusations d'incohérence de la part de ses opposants.

Contexte

Depuis plusieurs mois, la situation d’ArcelorMittal en France alimente les débats sur l’avenir de la sidérurgie française, dans un contexte marqué par des suppressions de postes, des interrogations sur les investissements industriels et les projets de décarbonation des sites français. La question de la nationalisation de l’entreprise est devenue un sujet central pour une partie de la gauche et plusieurs organisations syndicales.

Une proposition de loi visant à nationaliser les activités françaises d’ArcelorMittal a été examinée à l’Assemblée nationale le 11 juin 2026. Le texte était soutenu par l’ensemble des groupes de gauche mais rejeté par le gouvernement et la droite parlementaire.

Position du RN

Lors du vote, les députés du Rassemblement national ont choisi de s’abstenir.

Cette abstention a permis l’adoption du texte par l’Assemblée nationale sans que le RN ne s’associe explicitement à la proposition de nationalisation. Le parti avait déjà adopté la même position lors d’un précédent examen du texte en novembre 2025.

Critiques

Les adversaires du RN ont souligné une contradiction entre cette abstention et les positions régulièrement défendues par le parti sur :

  • la souveraineté industrielle ;
  • la protection des emplois industriels ;
  • la lutte contre les délocalisations ;
  • le soutien aux secteurs stratégiques français.

Plusieurs responsables de gauche ont estimé qu’une nationalisation d’ArcelorMittal constituait précisément une mesure de protection économique compatible avec le discours souverainiste du RN.

Enjeux économiques et sociaux

ArcelorMittal représente une part importante de la production d’acier française et plusieurs milliers d’emplois directs et indirects. Les partisans de la nationalisation considèrent qu’une intervention de l’État permettrait de sécuriser l’avenir industriel de la filière et d’accompagner sa transition écologique.

Les opposants à cette solution estiment au contraire qu’une nationalisation représenterait un coût important pour les finances publiques et ne garantirait pas à elle seule la pérennité économique du groupe.

Résultat

Le 11 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture la proposition de loi visant à nationaliser les activités françaises d’ArcelorMittal.

Le texte a été approuvé par les groupes de gauche, rejeté par la droite et les députés macronistes, tandis que le Rassemblement national s’est abstenu.

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À l'Assemblée et au Parlement européen, le RN vote pour les lobbies industriels et le patronat

Une analyse des votes et amendements RN par le projet JeVoteLobby en 2024 montre des eurodéputés alignés sur les intérêts de Total, McDonald's ou Monsanto, jusqu'à s'abstenir sur une taxe des superprofits qu'ils réclamaient pourtant en France. Un an plus tard, StreetPress documente le même « tropisme » pro-patronal dans les amendements des députés RN à l'Assemblée nationale.

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À l'Assemblée et au Parlement européen, le RN vote pour les lobbies industriels et le patronat

·Jordan Bardella

Une analyse des votes et amendements RN par le projet JeVoteLobby en 2024 montre des eurodéputés alignés sur les intérêts de Total, McDonald's ou Monsanto, jusqu'à s'abstenir sur une taxe des superprofits qu'ils réclamaient pourtant en France. Un an plus tard, StreetPress documente le même « tropisme » pro-patronal dans les amendements des députés RN à l'Assemblée nationale.

Le contexte

Le projet JeVoteLobby épluche les votes et amendements du RN au Parlement européen sur la mandature 2019-2024 et les croise avec les campagnes de lobbying industriel. En 2025, StreetPress analyse la même logique à l’Assemblée nationale.

Les faits

5 octobre 2022 — taxe sur les superprofits de l’énergie. Total, Shell, Eni et Repsol cumulent 77,9 milliards d’euros de profits sur les neuf premiers mois de 2022. Le Parlement européen vote une taxe de 33 % sur ces bénéfices exceptionnels. Les eurodéputés RN, Jordan Bardella compris, s’abstiennent sur la taxe et votent contre son élargissement aux autres secteurs (amendement 45, rejeté). Au même moment, Bardella et les députés RN réclament publiquement cette taxe à l’Assemblée nationale.

22 novembre 2023 — emballages jetables. Le Parlement européen examine l’interdiction des emballages à usage unique dans la restauration rapide, déjà en vigueur en France. Après un an de lobbying de McDonald’s et de l’industrie du carton — jusqu’à des affiches posées sur les portes des bureaux d’eurodéputés la veille du vote —, l’amendement qui supprime l’interdiction est adopté (339 voix contre 265). Les 15 eurodéputés RN votent tous pour.

14 février 2023 — exemption pour les voitures de luxe. Le règlement européen impose zéro émission de CO2 pour les voitures neuves à partir de 2035. Sous la pression des constructeurs de luxe, un amendement exempte de l’objectif intermédiaire de 2030 les marques produisant entre 1 000 et 10 000 véhicules par an — Lamborghini (8 500 véhicules/an), McLaren, Rolls-Royce, Bugatti. Les eurodéputés RN s’abstiennent, ce qui facilite l’adoption du texte (357 voix contre 210).

Octobre 2025 — Assemblée nationale. Un an après son arrivée en tête des groupes (123 députés), le RN multiplie par six son taux d’adoption d’amendements, de 1,4 % à 9,1 %. Son vocabulaire penche vers l’anti-régulation et la souveraineté industrielle. Il échoue en commission des Affaires économiques, qui traite de l’industrie et de l’énergie (6,2 % de succès), mais progresse en commission des Finances (10,6 %). Avant le vote de confiance contre François Bayrou en septembre 2025, Bardella écrit une lettre aux milieux économiques pour les rassurer.

Le RN nous ment

Le RN revendique la défense des ouvriers et de la souveraineté industrielle face aux délocalisations. Sur la taxe superprofits, les emballages McDonald’s ou les voitures de luxe, ses eurodéputés ont pourtant voté ou se sont abstenus dans le sens des lobbies industriels — parfois à l’inverse de ce qu’il réclamait en France au même moment.

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